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Mali: Jihadist offensive and imperialist maneuvers The Sahel is a strategic region for French imperialism. It found essential resources for its economy there, notably uranium exploited in Niger by Areva (which has since become Orano), while its companies controlled important markets there: the Total and Bolloré groups then occupied dominant positions – respectively in the oil sector and in the infrastructure sector. Despite significant resources, Operation Barkhane never succeeded in defeating the rebellion. This failure, coupled with the increasingly heavy-handed control exerted by Paris, fueled growing anger among the Malian population and even within a segment of the army. In 2020 and 2021, two coups d'état overthrew President Keïta and brought Colonel Assimi Goïta to power. The following year, Captain Ibrahim Traoré seized power in Burkina Faso. In 2023, General Abdourahamane Tiani proclaimed himself president of Niger . French troops were forced to withdraw from these three countries, where they were replaced by Russian advisors and soldiers. This represented a serious defeat for French imperialism. The departure of French troops was accompanied by the arrival of Russian and Chinese companies. Some French businesses were even expelled or seized. In 2025, for example, the Nigerien government nationalized a subsidiary of Orano . A few months later, a subsidiary of the French company Geocoton was nationalized in Burkina Faso . Niger, Mali, and Burkina Faso created the Alliance of Sahel States. This new entity was intended to serve as a counterweight to the Economic Community of West African States (ECOWAS), which is largely dominated by French imperialism. Imperialist hypocrisy French imperialism has not given up hope of regaining control of the Sahel. In recent weeks, the French government's more than ambiguous stance toward the rebel offensive has been so blatant that it has even been noted by Le Monde , a fervent propagandist for French imperialism in Africa. It would not be surprising if French intelligence services had directly contributed to the Malian government's recent military setbacks. Even before the expulsion of French troops in 2022, many Malians were already accusing Paris of endorsing the division of Mali by playing a double game with the MNLA rebels , now allied with JNIM. This would not be the first time that French imperialism has supported armed factions in Africa or the Middle East. In Rwanda, France supported the Hutu genocidaires ; in the Central African Republic, it instigated or encouraged several civil wars ; in Libya, it provided direct aid to Marshal Haftar's troops . Many other examples could be cited. Incidentally, the attitude of French imperialism toward Malian jihadists—the very same ones it fought for nearly a decade—clearly reveals the hypocrisy of the French bourgeoisie's rhetoric about the "Islamist threat." The French ruling class is quite comfortable with Islamists when it serves its interests. In Syria, France supports the regime of the former jihadist Ahmed al-Sharaa, even as his militias massacre Alawites, Druze, and Kurds. By supporting Malian jihadists, at least tacitly, French imperialism seeks to weaken African governments that have dared to reject its domination and turn to other imperialist powers, rivals of France. Solidarity against French imperialism! It is impossible to say whether the Malian rebellion will succeed in overthrowing Assad Goïta's regime. Mali is an important position for Russian imperialism in West Africa. It is therefore likely that its forces will continue to support the Malian army. Moreover, after decades of colonization, interference, and exploitation, French imperialism is so despised in the Sahel that its tacit support for the rebels undoubtedly contributes to their disfavor in the eyes of the majority of the Malian population. In any case, our position regarding this war must be unequivocal: French imperialism is a reactionary force, ready to use any means to restore its control over the Sahel. It is in the name of the interests of the CAC 40 (the main stock market index of the Paris Stock Exchange) that the French state sows chaos on the other side of the Mediterranean, but it is also in their name that it imposes austerity measures in France. French capitalism is our enemy, just as it is the enemy of African workers. It is the duty of the French labor movement to expose the hypocritical propaganda of our ruling class and to oppose its maneuvers in the Sahel. Finally, we must emphasize that there is no future for workers in West Africa and the Sahel under capitalism. To overthrow imperialist domination, repel reactionary forces, and lift the region out of underdevelopment, the exploited and oppressed masses of the region must seize power and reorganize society on socialist principles. Mali : offensive djihadiste et manœuvres impérialistes Au Mali, une nouvelle offensive conjointe des nationalistes Touaregs et des djihadistes plonge la région dans l’incertitude. Jules Legendre analyse les manœuvres cyniques de l’impérialisme français qui, malgré ses échecs passés, semble prêt à tout pour saboter les nouveaux régimes sahéliens et restaurer son contrôle. Jules Legendre mer. 20 mai 2026r Le 25 avril, le Mali a été le théâtre d’une offensive de l’alliance entre les nationalistes Touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les djihadistes du Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM). Les forces rebelles ont pris le contrôle de la plus grande partie du nord du Mali; elles se sont même avancées jusqu’aux abords de plusieurs villes du centre du pays, chassant au passage les troupes du gouvernement malien et leurs alliés russes. Iyad Ag Ghali, chef du GSIM, a proclamé son intention de mettre sur pied un « nouveau Mali » dont « l’une des priorités essentielles [sera] l’établissement de la charia ». De "Barkhane" àl "Alliance des États du Sahel" En 2013, une précédente offensive des rebelles touaregs, alors organisés dans le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), et des djihadistes du groupe Ansar Dine (que dirigeait déjà Iyad Ag Ghali), servit de prétexte à une intervention française au Mali. L’armée française repoussa les rebelles et soutint l’arrivée au pouvoir d’un nouveau président, Ibrahim Boubacar Keïta, ancien représentant au Mali du Fonds européen de développement. Dans le cadre de l’opération Barkhane, des troupes françaises ont guerroyé pendant près de 10 ans au Mali, mais aussi au Burkina Faso et au Niger. La population civile a payé un lourd tribut à cette intervention impérialiste. À plusieurs reprises, l’armée française a commis de sanglantes bavures (comme le bombardement d’une cérémonie de mariage, en 2021) tandis que les gouvernements malien et burkinabé, soutenus par la France, mettaient sur pied des milices qui multipliaient les massacres ethniques. Le Sahel est une région stratégique pour l’impérialisme français. Il y trouvait des ressources essentielles à son économie, notamment l’uranium exploité au Niger par Areva (devenue depuis Orano), tandis que ses entreprises y contrôlaient des marchés importants : les groupes Total et Bolloré occupaient alors des positions dominantes – respectivement dans le secteur pétrolier et dans celui des infrastructures. Malgré des moyens importants, l’opération Barkhane n’est jamais parvenue à vaincre la rébellion. Cet échec et la tutelle de plus en plus pesante de Paris ont suscité une colère croissante dans la population malienne, et même dans une partie de l’armée. En 2020 et 2021, deux coups d’État renversèrent le président Keïta et portèrent au pouvoir le colonel Assimi Goïta. L’année suivante, le capitaine Ibrahim Traoré prenait le pouvoir au Burkina Faso. En 2023, c’était au tour du général Abdourahamane Tiani de se proclamer président du Niger. Les troupes françaises furent contraintes de quitter ces trois pays, où elles furent remplacées par des conseillers et des soldats russes. Cela représentait une sérieuse défaite pour l’impérialisme français. Le départ des troupes françaises s’accompagna de l’arrivée de sociétés russes ou chinoises. Des entreprises françaises furent même expulsées ou saisies. En 2025, par exemple, le gouvernement nigérien nationalisait une filiale d’Orano. Quelques mois plus tard, une filiale de l’entreprise française Geocoton était nationalisée au Burkina Faso. Le Niger, le Mali et le Burkina Faso créèrent l’Alliance des États du Sahel. Cette nouvelle entité devait servir de contrepoids à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui est largement dominée par l’impérialisme français. Hypocrisie impérialiste L’impérialisme français ne désespère pas de reprendre le contrôle du Sahel. Ces dernières semaines, l’attitude plus qu’ambiguë du gouvernement français face à l’offensive des rebelles est tellement flagrante qu’elle a été notée même par Le Monde, pourtant fervent propagandiste de l’impérialisme français en Afrique. Il ne serait pas surprenant que les services secrets français aient directement contribué aux récents revers militaires du gouvernement malien. Avant même l’expulsion des troupes françaises en 2022, de nombreux Maliens accusaient déjà Paris d’entériner la division du Mali en jouant un double jeu avec les rebelles du MNLA, aujourd’hui alliés au GSIM. Ce ne serait pas la première fois que l’impérialisme français appuie des factions armées en Afrique ou au Moyen-Orient. Au Rwanda, la France a soutenu les génocidaires hutus; en Centrafrique, elle a suscité ou encouragé plusieurs guerres civiles; en Libye, elle a apporté une aide directe aux troupes du maréchal Haftar. On pourrait multiplier les exemples. Au passage, l’attitude de l’impérialisme français vis-à-vis des djihadistes maliens – ceux-là même qu’il a combattu pendant près d’une décennie – montre bien toute l’hypocrisie des discours de la bourgeoisie française sur la « menace islamiste ». La classe dirigeante française s’accommode très bien des islamistes lorsque cela sert ses intérêts. En Syrie, la France soutient le régime de l’ex-djihadiste Ahmed al-Charaa, alors même que ses milices massacrent les Alaouites, les Druzes et les Kurdes. En soutenant les djihadistes maliens, au moins tacitement, l’impérialisme français cherche à affaiblir des gouvernements africains qui ont eu l’audace de rejeter sa domination et de faire appel à d’autres puissances impérialistes, rivales de la France. Solidarité contre l’impérialisme français! Il est impossible de dire si la rébellion malienne va réussir à renverser le régime d’Assami Goïta. Le Mali est une position importante pour l’impérialisme russe en Afrique de l’Ouest. Il est donc probable que ses forces continueront à soutenir l’armée malienne. Par ailleurs, après des décennies de colonisation, d’ingérence et d’exploitation, l’impérialisme français est tellement détesté dans le Sahel que son appui tacite aux rebelles contribue sans aucun doute à desservir ceux-ci auprès de la majorité de la population malienne. Quoi qu’il en soit, notre position vis-à-vis de cette guerre ne doit laisser place à aucune ambiguïté : l’impérialisme français est une force réactionnaire, prête à utiliser n’importe quel moyen pour restaurer son contrôle sur le Sahel. C’est au nom des intérêts du CAC40 (le principal indice boursier de la Bourse de Paris) que l’État français sème le chaos de l’autre côté de la Méditerranée, mais c’est aussi en leur nom qu’il impose des mesures d’austérité en France. Le capitalisme français est notre ennemi comme il est celui des travailleurs d’Afrique. Il est du devoir du mouvement ouvrier français de démasquer la propagande hypocrite de notre classe dirigeante et de s’opposer à ses manœuvres dans le Sahel. Enfin, il nous faut souligner qu’il n’y a pas d’avenir pour les travailleurs d’Afrique de l’Ouest et du Sahel dans le cadre du capitalisme. Pour abattre la domination impérialiste, repousser les forces réactionnaires et arracher la région au sous-développement, les masses exploitées et opprimées de la région devront y prendre le pouvoir et réorganiser la société sur des bases socialistes. https://www.marxiste.qc.ca/article/mali-offensive-djihadiste-et-manoeuvres-imperialistes Back |
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